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Calculateur d'irrigation solaire

Dimensionner une irrigation solaire à partir des données ETo Météo-France, coefficients culturaux INRAE et règles ADEME / NF C 15-100.

Calculateur d’irrigation solaire

Besoin journalier en eau
58 824 L/j
Énergie hydraulique
4 809 Wh/j
Énergie électrique
12 572 Wh/j
Champ PV recommandé
3 492 Wc
Modules (arrondi sup.)
9 × 400 W
Puissance pompe en service
3 492 W
Débit moyen pendant le soleil
16 340 L/h

Comment utiliser ce calculateur

Saisissez huit valeurs et le calculateur retourne le besoin journalier en eau, l’énergie hydraulique et électrique nécessaires, le champ PV recommandé en Wc, le nombre de modules à la puissance choisie, la puissance de pompe en service et le débit moyen pendant les heures de soleil.

  1. Surface de la parcelle (hectares) — surface effectivement irriguée. Pour les vergers et vignes, la surface au sol projetée du couvert ; pour le maraîchage, la surface des planches.
  2. ETc des cultures (mm/jour) — valeurs de pointe : pomme de terre 4,8, maïs 5,5, vigne (RDI) 3,2, pommier 5,0, tomate de plein champ 5,5, maraîchage 5,0–6,0. ET₀ Météo-France × Kc culturale.
  3. Efficacité d’irrigation (%) — 90% goutte-à-goutte, 85% micro-asperseur, 80% couverture intégrale, 70% enrouleur, 60% surface.
  4. Hauteur manométrique totale (m) — niveau dynamique du forage plus pertes de charge plus pression aux goutteurs (goutte 7–14 m, asperseur 28–55 m).
  5. Heures de soleil/jour — moyenne annuelle ou pire mois. Valeurs typiques (PVGIS JRC) : Marseille 4,8, Montpellier 4,7, Bordeaux 3,9, Toulouse 4,1, Lyon 3,9, Paris 3,1, Rennes 3,3, Strasbourg 3,2.
  6. Rendement global pompe (%) — 45% par défaut pour une Lorentz PS2 ou Grundfos SQFlex submersible sans courbe constructeur ; 50% pour un rotor hélicoïdal bien dimensionné.
  7. Pertes système (%) — régulateur, câblage, salissure. 85% est la valeur conservatrice par défaut.
  8. Puissance module (W) — 400 W standard français 2026 ; modules bifaciaux 540 W dominants en sol fixe agricole.

Fonctionnement de l’irrigation solaire en France

Une installation d’irrigation solaire comprend le champ PV, le régulateur MPPT de pompe, la pompe DC et le réseau d’irrigation : filtration, conduite principale, antennes, rampes, goutteurs ou asperseurs. La norme NF C 15-100 couvre la partie continue (Section 712 pour le photovoltaïque), et le décret du 19 décembre 2018 régit l’installation hors-réseau pour pompage agricole.

La plupart des installations françaises tamponnent avec une cuve PE de 5.000–25.000 L surélevée à 3–6 m, la pompe remplissant la cuve en journée tandis que la gravité assure la pression aux goutteurs lors des tours d’eau. Ceci découple le fonctionnement de la pompe du planning d’irrigation et permet de servir les tours du matin ou du soir, quand l’ETc est plus faible.

Les prélèvements en eau souterraine au-delà de 1.000 m³/an nécessitent une déclaration au titre de la Loi sur l’eau (Code de l’environnement L.214-1) ; au-delà de 200.000 m³/an, une autorisation. Le pompage solaire ne modifie pas la procédure mais est privilégié dans les zones de répartition des eaux (ZRE) par les Agences de l’Eau, qui cofinancent les conversions diesel-vers-solaire dans les ZRE Adour-Garonne, Rhône-Méditerranée et Loire-Bretagne.

La physique depuis les premiers principes

Besoin journalier en eau à partir de l’ETc et de l’efficacité :

V_L_jour  = ETc_mm × Surface_m² / Efficacité_fraction
V_m3_jour = V_L_jour / 1000

L’ETc en mm/jour multipliée par la surface en m² donne directement les litres par jour (1 mm × 1 m² = 1 L).

Énergie hydraulique pour élever l’eau contre la HMT :

E_hyd_Wh = 1000 × 9,81 × V_m3 × H_m / 3600 ≈ V_m3 × H_m × 2,725

Énergie électrique d’entrée via les pertes pompe et système :

E_elec_Wh = E_hyd_Wh / (η_pompe × η_système)
PV_Wc = E_elec_Wh / Heures_soleil

Exemple — 1 ha de vigne RDI, Vallée du Rhône

  • Surface = 10.000 m², ETc = 5,0 mm/jour, efficacité goutte 85%
  • V = 5,0 × 10.000 / 0,85 = 58.824 L/jour = 58,82 m³
  • HMT = 30 m (20 m niveau dynamique du forage + 3 m filtration + 7 m pression goutteurs)
  • E_hyd = 58,82 × 30 × 2,725 = 4.809 Wh/jour
  • η_pompe 45%, η_système 85% : E_elec = 4.809 / (0,45 × 0,85) = 12.572 Wh/jour
  • Heures de soleil 3,6 : PV = 12.572 / 3,6 = 3.492 Wc → neuf modules 400 W (3.600 Wc, 3% de marge)

L’ADEME et l’INRAE recommandent 25–40% de surdimensionnement PV par rapport au calcul du pire mois. La parcelle dimensionnée sur moyenne d’été nécessite 25% supplémentaires, soit environ 4.500 Wc (douze modules 400 W).

Efficacité d’irrigation par méthode

MéthodeEfficacité de distributionPression requise
Goutte-à-goutte enterré88–95%10–14 m
Goutte-à-goutte surface85–92%10–14 m
Micro-asperseur80–88%14–21 m
Couverture intégrale fixe75–85%28–55 m
Pivot central80–90%30–55 m
Enrouleur65–75%50–70 m
Surface / gravitaire50–70%5–15 m

Pour le pompage solaire dont le coût PV évolue avec la puissance pompe, le goutte-à-goutte est la bonne réponse pour la plupart des cultures permanentes méditerranéennes. La vigne, l’arboriculture et le maraîchage en PACA, Languedoc et Vallée du Rhône sont aujourd’hui à 90% en goutte-à-goutte.

Données climatiques françaises et planification saisonnière

L’ETc de pointe estivale est de 5–6 mm/jour en zone méditerranéenne, 4–5 mm/jour dans le Nord. Saison d’irrigation active de mai à septembre en plein champ, février à novembre sous serre. Trois réalités structurent le dimensionnement solaire :

  • Le pire mois est la contrainte pour les cultures continues. Le PSH de décembre à Marseille est de 1,8 ; même avec un champ surdimensionné 3×, le pompage solaire-direct ne fonctionne pas en hiver. Les cultures sous serre nécessitent un secours réseau.
  • Les cultures de plein champ sont coïncidentes-été. ETc de pointe en juin/juillet, simultanément au pic PV — le solaire-direct fonctionne idéalement pour la vigne, l’arboriculture, le maïs et les légumes d’été.
  • La variabilité nuageuse est le problème opérationnel. 20% de surdimensionnement PV plus 2 jours de cuve tampon couvrent la météo française ; sans cette réserve, la pompe cycle 200+ fois/jour en temps couvert et perd la moitié de sa durée de vie.

Aides françaises et financements

  • FEADER Mesure 4.1.3 — hydraulique agricole, cofinancement de l’irrigation solaire dans les zones de répartition des eaux à 30–50% selon les régions.
  • Agences de l’Eau — Adour-Garonne, Rhône-Méditerranée et Loire-Bretagne cofinancent les conversions diesel-vers-solaire dans les ZRE.
  • PRAD (Plan Régional d’Agriculture Durable) — programmes régionaux (Occitanie Agri-PV, Région Sud Énergie, AURA Hydraulique).
  • France 2030 / Plan Ferme du Futur — appel à projets pour l’agriculture bas-carbone incluant le pompage solaire.
  • Prime à l’autoconsommation — applicable si la pompe est raccordée au réseau et exporte le surplus ; généralement non applicable aux pompes isolées.
  • Crédit d’impôt CITE / MaPrimeRénov’ — non applicable aux exploitations agricoles ; voir plutôt la fiscalité agricole et le suramortissement.

Erreurs courantes en France

  • Utiliser ET₀ au lieu de ETc. Oublier le Kc sous-dimensionne de 15–25% pour la pomme de terre et le maïs en pleine croissance, sur-dimensionne de 30% pour la vigne en RDI.
  • Niveau statique du forage. Le rabattement sous pompage agricole en aquifère calcaire méditerranéen et alluvial alluvial atteint couramment 5–15 m. Utilisez le niveau dynamique du rapport de pompage d’essai.
  • Dimensionnement sur PSH annuel. Le système est 30% sous-capacité en mai et septembre. Dimensionnez sur le pire mois de la saison d’irrigation active.
  • Oublier les pertes de filtration. Un filtre à sable pour goutte-à-goutte solaire ajoute 6–10 m de HMT au débit nominal ; un filtre à disques 4–7 m. Les eaux de forage calcaires nécessitent un traitement supplémentaire ajoutant 4–6 m.

Sources

Questions fréquentes

Combien de modules photovoltaïques pour irriguer un hectare en France ?
La plupart des installations d'un hectare en France utilisent 6 à 10 modules de 400 W. Pour un hectare de vigne en Vallée du Rhône avec une ETc de pointe de 5 mm/jour, une efficacité goutte-à-goutte de 85%, 30 m de hauteur manométrique totale et 3,6 heures de soleil/jour, le calculateur retourne environ 2.300 Wc — soit six modules de 400 W. Le maraîchage en Bretagne ou en Normandie nécessite des panneaux supplémentaires en raison de l'ensoleillement plus faible (2,7–2,9 PSH).
Qu'est-ce que l'ETc cultural et où trouver les données françaises ?
L'ETc est le besoin journalier en eau de la culture exprimé en mm/jour, égal à l'évapotranspiration de référence (ET₀) multipliée par un coefficient cultural (Kc) selon le bulletin FAO 56. Météo-France publie l'ET₀ quotidienne sur le portail Climathèque pour toutes les stations agro-météorologiques. Les coefficients culturaux proviennent du FAO 56 et des références INRAE/Hespul : pomme de terre pleine canopée 1,15, maïs 1,20, vigne (RDI) 0,70, pommier 1,10, tomate de plein champ 1,15, légumes feuilles 1,00.
Quelle efficacité d'irrigation utiliser en France ?
L'ADEME et le BRL référencent 85–95% d'efficacité pour le goutte-à-goutte de surface et enterré, 80–88% pour les micro-asperseurs, 75–85% pour les couvertures intégrales et les pivots, et 65–75% pour les enrouleurs. Les exploitations méditerranéennes (Languedoc, PACA, Vallée du Rhône) atteignent régulièrement 90% en goutte-à-goutte avec des goutteurs autorégulants selon les études CTIFL et IFV. Utilisez 85% comme valeur par défaut pour le goutte-à-goutte et 75% pour l'aspersion sans mesure d'uniformité.
Faut-il des batteries pour l'irrigation solaire en France ?
Presque jamais à l'échelle agricole. L'architecture standard est le pompage solaire-direct vers un réservoir surélevé en PE de 5.000–25.000 L, avec alimentation gravitaire des goutteurs. Stocker 2–3 jours de besoin dans une cuve coûte environ 10% de l'équivalent en batterie lithium et dure 25–30 ans contre 10–15 ans pour les batteries. Les batteries ne se justifient que pour la fertirrigation sous serre où un arrêt de pompe en passage nuageux endommage la culture.
Combien coûte un système d'irrigation solaire en France ?
Une installation goutte-à-goutte solaire d'un hectare — pompe, régulateur, modules, structure, filtration, conduite principale et goutteurs — coûte 7.500–14.000 € en 2026 selon les tarifs des distributeurs Phaesun France, Lorentz France et Photonis. Les installations de cinq hectares vont de 26.000 à 50.000 €. Les Plans Régionaux d'Agriculture Durable, le FEADER (Mesure 4.1.3 hydraulique agricole), l'Agence de l'Eau (zones de répartition des eaux) et les aides régionales (Région Occitanie Agri-PV, Région Sud Énergie) cofinancent l'irrigation solaire à 30–50% selon les territoires.

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